Déontologie de la restauration au service des laques

Longtemps, la restauration est apparue comme seul recours face aux dégradations.

Elle avait souvent la fonction de restituer ce qui avait disparu. Parfois ces restitutions se faisaient au détriment de ce que le temps nous avait transmis et s’avéraient destructrices d’une partie des informations que véhicule l’œuvre.

restauration

Traditionnellement, la restauration était issue d’un savoir-faire artisanal, mais l’approche même de cette profession a beaucoup évolué depuis les cinquante dernières années.

Même le titre a changé, nous sommes nommés, aujourd’hui,  conservateur-restaurateur. Beaucoup de réflexions de la profession ont conduit à un plus grand respect de la valeur culturelle de l’œuvre à restaurer.

Une approche moins empirique, plus scientifique est de mise à l’heure actuelle.

ICOM, le conseil international des musées a établi en 1986, un code de déontologie professionnelle pour établir certaines règles à respecter parmi les personnels des professions muséales, dont les conservateurs restaurateurs et donne ainsi une définition à la profession :

restauration-laques

 

 «  La restauration a comme objectif de révéler les caractéristiques culturelles essentielles d’un bien culturel, elle se fonde sur le respect des matériaux d’origine et s’appuie sur une étude approfondie de l’état antérieur »

Ainsi, le rôle du restaurateur  n’est plus, comme il l’a trop souvent été de refaire systématiquement des parties manquantes, parfois même en les imaginant.

Avant d’intervenir, son rôle est également d':

  • Avoir une connaissance historique et technique de l’œuvre, savoir comment elle a été réalisée
  • Analyser au préalable les conditions de conservation qui ont conduit à sa détérioration. PENSER L’OBJET DANS SON CONTEXTE

 

Les principes déontologiques de restaurations que nous respectons:

Une restauration n’est pas une  réfection, le restaurateur ne refait pas l’objet, et ne peut se substituer au créateur de l’œuvre.

  • une intervention minimum :

Je pense que l’on ne peut pas pratiquer ce métier sans une certaine humilité de l’état de nos connaissances et il est important, à mon sens de ne pas avoir une attitude définitive sur les œuvres

  • l’utilisation autant qu’il est possible, dans l’état actuel de nos connaissances de produits réversibles.

En effet, le recul que l’on a par rapport aux premières réflexions sur le métier de conservateur –restaurateur est de moins de trente ans. Pendant cette période nombre de pratiques ont été instituées au travers de formes de pensées, d’écoles, pour être quelques années plus tard rejetées.

  • Son rôle est de sauvegarder ce qui reste, de rendre lisible l’œuvre par rapport au message culturelle, philosophique, qu’elle transmet.
    • Une restauration reste le résultat d’un dialogue entre le propriétaire de l’œuvre et notre approche afin de définir la meilleure intervention à réaliser en fonction du projet du responsable de l’œuvre.

    Il y a un juste équilibre à trouver entre une intervention trop radicale où le restaurateur referait complètement un décor manquant et une volonté de retrouver une esthétique que l’objet a perdue

    C’est  un compromis difficile, car ce qui fait la beauté d’un laque c’est ce côté abouti, très parfait

Pour plus d'information n'hésitez pas à nous contacter : 

Marie Josephe Arrestays
Conservatrice Restauratrice
du patrimoine - Spécialité laque
Consultante en conservation préventive

Téléphone : (0)6 80 65 69 68
Mail : m.arrestays@aliceadsl.fr